Ulysse Capitaine : le dernier chroniqueur : J. B. Mouhin (1752/1842)

Bulletin Institut Archéologique Liegeois – T 2/1854  (pp. 146/166)

 

RECUEIL DE PARTICULARITÉS

1762. En 1762 a été rebâtie l'église des chanoines Prémontrés .

1767. Le 5 septembre, vers les 4 heures du matin, le tonnerre tomba      sur la tour de l'église des Récollets; elle fut rétablie la même année.

Le 17 octobre se fit l'ouverture de la salle des Spectacles.

1772. Cette année fut rebâtie l'église paroissiale de St-André.

On a rebâti la porte de ville de Sainte Marguerite.

1773. On rebâtit l'église hospitalière de St-Julien.

1778.Elargissement du pont St-Nicolas , avec les maisons qui ysont contigues.

1779. 2 Juin. Inauguration de la Société d'Emulation.

1780. Le 28 janvier a été posé à la salle du Spectacle le buste du célèbre Grétry. Ce buste a été fait par M. Evrard.

1783. Le 1er aoÛt, M. Crahay, révérendissime abbé de St-Laurent, posa la première pierre de l'église paroissiale de St-Séverin, en présence de MM. Graillet et d'Othée, bourgmestres. Je rapporterai à cette année la maison qu'occupait feu M. le comte d'Argenteau qui fut démolie et convertie en rue. L'inauguration de cette rue eut lieu le 18 septembre , veille de la rénovation magistrale. Cette rue achevée, on lui donna le nom de Velbruck ; c'est ce qui se voit sur une pierre en entrant dans ladite rue où les armes du prince et celles des bourgmestres sont apposées .

1786. Ce fut le 1er mai que le Séminaire épiscopal de Liège prit possession de la vaste et spacieuse maison des ci-devant Jésuites. Les bâtiments ou, pour mieux dire, les vieilles masures de l'ancien séminaire , furent démolies d'abord pour percer une belle et large rue , de la place Verte à celle des Chevaux , afin de faciliter le passage très fréquent et très étroit   des voitures , et ensuite pour construire de nouvelles maisons sur le reste de l'emplacement.

1787. Le 4 mars , fête de SI Casimir, on fit pour la dernière fois l'office à la Sodalité érigée au grand collége en Isle. Les Sodalistes se rendirent de là àla chapelle des Clercs.

- En septembre se fit l'aplanissement de la haute Sauvenière.

1788. Je rapporterai à cette époque le rétablissement de l'église desChartreux.

1790. Ce fut le, 23 mars 1790 , â 1 heure après-midi, qu'on commença â démolir la dardanelle qui avait été bâtie sous le règne de Maximilien-Henri pour empêcher, en cas de soulèvement, la communication du quartier d'Outre-Meuse avec es autres quartiers de la ville.

Le 17 avril on a commencé â démolir les fortifications de la citadelle.

1791. Le 17 septembre, vers deux heures de l'après-midi, on a     réapposé sur le pont des Arches le crucifix du célèbre DeIcour, à la même place où il avait été avant que le          prince Maximilien n'eut fait bâtir en 1684 la dardanelle.

1792. En août, rétablissement du pont de St Nicolas , qui depuis longtemps menaçait ruine.

Le 2 décembre a été planté solennellement l'arbre de la Liberté      devant la maison commune.

Le 7 décembre, vers les 8 heures du soir, les Français portèrent au lombard une partie de l'argenterie de la cathédrale entre autres objets , lessixplus grands chandeliers qu'avait fait          faire le prince George Louis. Les tréfonciers les vendirent pendant l'émigration (de 1794), de même que beaucoup d'autres objets précieux que nous n'avons pas revus. Cependant ces objets n'étaient pas à eux , ils appartenaient à l'église .

Voici la liste des églises qui ont servi d'écuries aux Français St Lambert; SI Pierre; St Paul devint la boucherie; St Barthélemy ; St Jacques ; l'église du séminaire fut remplie de canons; celle des Carmes-en-Isle ; les Mineurs , le magasin au riz; aux Récollets, des caissons; aux Augustins, le magasin à foin; dans l'église St Adalbert, il yeut des chevaux, mais ils n'y restèrent pas longtemps. J'observerai ici que la superbe argenterie de l'église collégiale, de St Jean-Évangéliste , de même que celle de l’église paroissiale de Ste Catherine, a étés enlevée: par les Français.

1794. Le 26 juillet, les Impériaux minèrent une des arcades du pont des Arches pour favoriser, selon que nous pûmes augurer , leur retraite, mais heureusement pour nous , ils n'y réussirent pas; car si leur entreprise eut pu réussir, les paroissiens de St  Pholien et de St Nicolas eussent été en proie et exposés à la fureur des Impériaux, comme le furent malheureusement ceux du faubourg d'Amercœur.

Le 9 août on commença d'arracher le plomb qui couvrait la cathédrale en même temps qu'on renversait l'intérieur de ladite église. Peu de jours après, on cassa à grands coups de marteau l'effigie de St Lambert qui était au faite de l'Hôtel-de-Ville , pour y substituer des emblèmes patriotiques.

1795. 20 mars. Vers ce temps on cassa les cloches de la cathédrale, dont les débris furent chargés sur des charrettes pour les conduire: en France.

Le 21 mars se fit à l'église St.-Lambert une vente publique consistant en autels , mausolées,orgues, pavés, bancs, etc.

Les 29 et 30 avril on chargea sur des bateaux les superbes colonnes de marbre blanc. du maître-autel de la cathédrale dont la desttination était de les: transporter à Givet.

1796. Ce fut pendant les mois d'avrilet mai que l'on plaça au ci-devant palais épiscopal l'horloge du séminaire.

1197. Vers la mi-avril on à commencé à démolir- l'église des Minimes.

Le 19 Juillet on posa une pierre sur le pont de la Victoire , ci-devant pont des Arches, avec cette inscription :

PONT DE LA VICTOIRE.

Ici, les Liégeois ont vu, briser

leurs fers le 9 thermidor an 2

de la République Française.

Le 15 août on a amené à Liége le beau carillon du val St-        Lambert dont la destination était de le placer sur l'Hôtel-de-Ville, mais, depuis il a été mis à St Barthélemi.

Le 17 septembre et jours suivants, on ordonna de faire disparaître à l'extérieur, les christ, images de la Vierge et des saints qui étaient ici en grand nombre, car Legia Romanae ecclesiae filia ne se vérifiait que trop.

Le 21 novembre, on descendit la croix de Ia flèche de notre paroisse. Toutes les collégiales et autres églises en avaient prudemment suivi l'exemple.

Le 27 novembre éboulement de la voute de l'église paroissiale       de St Jean Baptiste. Cette église, la plus belle des 32 paroisses, fut démolie l'été suivant. On fit l'office aux Ursulines Hors-Chàt-eau. En mars on commença la démolition.

1798. Le 1er janvier, on a fermé les églises collégiales St-Paul et St-Jacques. Toutes les autres le furent fort peu de jours après.

Le 18 février, établissement du culte théophilantropique à       l'église paroissiale de SI André.

Vers la fin de septembre la démolition de l'église des Carmes chaussés et celle de l'église paroissiale de St Martin-en-Isle.

En octobre, l'église de St Étienne convertie en comédie.

1803. Le 27 avril, les bouchers, qui se mettaient à côté et derrière la maison commune et dont le nombre s'était extrêmement accru depuis l'arrivée des Français , reçurent l'ordre de se rendre à l'église paroissiale de St André.

Le 17 juin , on a commencé la démolition des deux tours de sable de l'église St Lambert qui tombaient en ruine et qui auraient pu, par la suite, causer degrands dommages par leur chute.

Dans le courant du mois d'août, les paroissiens de l'église St Vincent à la Boverie, secondés de M. Spirlet, leur pasteur, animés du désir de voir le rétablissement du chœur de leur église éboulé, se cotisèrent et construisirent une digue derrière la-dite église, afin d'empêcher que l'eau, venant à grossir, n'emportât le reste. Les dimanches et fêtes, tout le monde travaillait comme à une espèce de corvée.

Le 6 novembre, l'église St Hubert fut fermée après que l'on eut       porté processionnellement à l'église Ste Croix le très Saint- Sacrement et les images de la très Ste Vierge et de St Hubert. Le même jour, l'église de Ste Aldegonde fut fermée.

La nuit du 8 au 9 novembre vers les 10 heures du soir , le feu prit à l'église

de St Thomas sans savoir, que par soupçon, d'où il est provenu.

Le 13 novembre, l'église paroissiale de St Nicolas-au-Trez fut  fermée.

Le 23 novembre les églises de St Remacle-en-Mont et de St-Severin furent

fermées.

Le 11 décembre, M. Lamarche chanta la 1ère messe dans la ci-devant

église des Mineurs conventuels. L'église de la Madelaine fut fermée.

J'observe que l'église des Mineurs avait        servi comme d'entrepôt pour

mettre les pompes à feu et les boiseries destinées aux fêtes nationales.

La nuit du 16 au 17 décembre, on a porté l'image miraculeuse de la très Ste-Vierge de St Séverin à l'église succursale de St-Denis. Elle fut escortée par la gendarmerie et des agents, crainte d'émeute, parce que les paroissiens voulaient qu'on la plaçât ou à St Martin-en-Mont ou à Ste Croix. 26 décembre , mandement de Mgr. Zaeppfell relatif à la châsse de St-Lambert. Les reliques de la Ste Croix de notre Seigneur et  autres saints patrons, le buste de Saint-Lambert, de même que la majeure partie de l'argenterie de la cathédrale qu'on avait dû sauver à Maestricht à l'arrivée de Dumourier, (si j'en excepte les six gros chandeliers d'argent qu'on laissa ici et qui furent mis au lombard pour une somme d'argent qu'on exigea de quelques tréfonciers qui étaient restés ici, furent ramenés à Liège le 27 avril 1793. On dut encore les transporter dans les pays étrangers à la seconde arrivée des Français le 27 juillet 1794, et c'est de Hambourg que fut ramené le buste de St Lambert, mais dépouillé de son onyx d'un prix inestimable, de sa crosse, etc.

1804. Le 1er  janvier on exposa dans l'église cathédrale l'effigie de St-Lambert qui avait été transportée à Hambourg à l'arrivée des Français et que les mêmes rendirent à son département, mais dépouillée. (V. 26 décembre 1803).

Ce fut en juillet que l'on mit la première main au rétablissement        du beau rivage de la Goffe qui ne fut achevé que l'année suivante, la rigueur de la saison n'ayant pas permis de l'achever cette même année. On construisit seulement une simple bordée de pieux, sur lesquels on mit des pierres sépulcrales qui ne coûtèrent pas grand argent à la commune, provenant de la démolition de la cathédrale, de St Etienne, etc., et oû il y en avait en abondance.

Vers la fin d'octobre furent achevées les deux arcades du Pont des Arches.

Le 1 décembre, on a cessé de dire les offices à St Nicolas et le      lendemain on a chanté la messe aux Récollets dont l'église avait été fermée le 27 décembre 1796.

1805. La nuit du 1 au 2 janvier, le feu prit à la comédie, assurément par quelque foyer mal éteint, et réduisit en cendres la salle de spectacle. Le même feu a failli faire subir le même sort à l'entrepôt, autrement douane ou grande Halle qui sert de fondement à ce grand corps de bâtiment et qui fut préservé de l'incendie parce que, au lieu de plancher, il y avait une voute.

En 1572 la Grande Halle ou Douane fut surachevée. Cette même ansée les glaçons firent crouler le pont d'lsle et emportèrent un pan de la Toiir-en-Bêche, un autre du Pont-des-Arches et la muraille du monastère du Val-des-Ecoliers. A Dinant le pont et l'Hôtel-de-Ville furent fort endommagés.

Le 5 janvier on remit, dans la rue des Récollets, le Christ qui était sur le pont St Nicolas et que les Français firent ôter en septembre 1797, de même que tout autre signe extérieur de religion. Il fut placé dans l'église de St Nicolas et remis de nouveau à la vénération des fidèles ; mais ayant dû quitter la paroisse pour occuper l'église des Récollets , on ne trouvait       point de place propre à l'y placer, les confrères de la rue des Récollets le demandèrent à la mairie qui le leur donna. Je n'ai jamais sû s'il appartenait à la ville ou aux paroissiens.

Le 27juillet on a commencé à démolir notre ancienne paroisse St Nicolas. Elle fut mise en adjudication de par la mairie comme bien national, parce qu'ayant quitté la dite église pour occuper celle des ci-devant Récollets, quelques personnes mal intentionnées (pour en faire accélérer peut-être la démolition) s'y introduisirent la nuit et en ayant arraché quelques ancres qui soutenaient les poutres , quelques jours après on entendit un bruit sourd qui venait du côté de la dite église et ce n'était pas sans fondement, car le lendemain on vit une poutre tomber qui          par sa chute, avait entraîné une partie du toit. Sans cet      accident, que toujours j'appelera un fait exprès, notre ancienne paroisse serait peut-être demeurée intacte comme toutes les autres, qui sont supprimées et dont on ne parle nullement de leur démolition.

Le 29 août vers les 5 heures du soir, l'image miraculeuse de la       très-sainte Vierge, honorée ci-devant dans l'église paroissiale de St Séverin et qui , après la fermeture de ladite église, fut portée à St Denis où elle fut exposée à la vénération des fidèles, fut transportée à St Martin-en-Mont. Ce fut à M. le sénateur Monge qu'on fut redevable de ce bienfait, car si cela eut été à la disposition de notre évêque, elleserait encore à St Denis où il l'avait fait déposer pour mettre fin à une discussion survenue entre MM. les curés Damave, de St Martin, et Ernest de la paroisse succursale de Ste Croix qui ne l'eurentni l'un ni l'autre mais bien M. Decocq, curé de St Denis qui était partisan de l'évêque , mais qui se soumirent tous les deux, l'un pour profiter des revenus de l'évêché, l'autre d'une cure.

Vers la mi-septembre, fut posé, â le cathédrale St Paul, le beau buffet d'orgues de St Pierre. C'est la plus complète de la ville ayant quatre claviers et onze bombardes.. Ce superbe instrument ne coûta rien au chapitre ; le facteur eut pour salaire celle de St Paul pour y poser celle de St Pierre. L'église St Pierre étant fermée, elle yétait parfaitement inutile.

1806. Le 1°° avril , défense sérieuse à tous les curés des paroisses de la ville et des faubourgs d'inhumer dans les cimetières. C'est de cette époque que datent les inhumations qui se firent et se font encore près de l'ex-abbaye de Robermont.

Le 4 novembre, se fit l'inauguration de la nouvelle salle de spectacle, derrière l'église primaire St Jacques, l'ancienne ayant été brûlée.

Le 9 novembre, l'église auxiliaire de St Servais, qui était dépendante de celle de Ste Croix, fut convertie, au grand contentement de tous les paroissiens, en paroisse succursale.

1807. Le 8 février l'église ou chapelle auxiliaire de SteVéronique sur Avroi, fut convertie en paroisse succursale.

Le 2 mars se fit la démolition de la douane. La paroisse de St Thomas qui, à l'exception des murailles, avait presque été réduite en cendres la nuit du 8 au 9 du mois de novembre 1803, servit d'entrepôt.

Le 6 juin, les cloches du Val-St-Lambert qui avaient été amenées en ville de même que le beau carillon, se firent entendre pour la première fois à la-dite paroisse qui les avait  obtenues gratis de la mairie.

1808. Vers la mi-mars, la Batte et la place St Paul furent garnies d'arbres.

Le 1er lundi de mai, établissement d'une deuxième foire en cette ville. La première date de l'an 1339.

Le 12 juin, installation du Lycée aux ci-devant jésuites.

Le 13 juin, on a commencé à déblayer les décombres de la cathédrale et, avec les débris, on a construit une digue qui communique de la place aux Chevaux et qui va de là jusqu'à Roland-Gouffre. La cathédrale fut déblayée, à l'exception des débris de la tour, en 1814.

Dans le courant du mois de juin se fit la démolition de l'église paroissiale de St Remacle-en-Mont. En août se fit celle de Ste Aldegonde et des maisons attenant à la ci-devant collégiale de S° Denis, aujourd'hui paroisse.

1809. Le 10 août, vers les 7 1/2 heures du matin , on fit à l'église St Adalbert une procession solennelle, après laquelle on se rendit           à l'église collégiale de St Jean-Évangéliste pour en prendre définitivement possession et en faire la paroisse.

Samedi 14 octobre, en transportant ou plutôt en déblayant les débris de notre ancienne cathédrale de St Lambert, on a découvert la tombe d'Erard de la Marck, qui était à l'entrée du           choeur de ladite cathédrale.

1810.       En août, on a commencé la construction d'une place publique sur l'emplacement de notre ancienne paroisse St Nicolas, à laquelle on a donné le nom de Place Grétry.

1811. Vers la mi-janvier, plantis d'arbres sur l'emplacement de notre ancienne paroisse St Nicolas.

En février, démolition de l'église du Val-des-Écoliers, après avoir servi longtemps de caserne aux troupes d'Aremberg.

Dans le courant du mois de mai , on a commencé la démolition       de l'église paroissiale St Severin.

Pendant le même mois, on a commencé à démolir la charpente de la tour de l'église cathédrale de St Paul, pour la rehausser et y placer le beau carillon de la ci-devant cathédrale St-Lambert.

Le 3 juin, inauguration de la place Grétry. Il y avait pour le moins 200 musiciens.

Le 1er septembre , pose de la première pierre du pont de      Chênée.

En septembre on a construit une maison sur l'emplacement de        l'église paroissiale de St Jean-Baptiste éboulée en 1797

Vers la fin du mois d'octobre, la maçonnerie de la cathédrale St-Paul fut achevée ; on en avait commencé la construction au        mois de mai. J'observerai ici que toutes les pierres de sable avec lesquelles elle est construite , proviennent de la démolition      de la tour de notre ci-devant cathédrale St Lambert.

1812. En août , la charpente de la tour de la cathédrale St Paul fut achevée et couverte en zinc vers la fin du même mois.

En juillet on a commencé la construction d'un pont de bois près       la tour en Bêche, afin d'avoir une communication plus facile avec la Boverie. Il fut achevé vers la Toussaint.

En septembre on a commencé la démolition de la porte d'Avroy, de même que du boulevard.

Le 1er octobre on a posé la croix sur la flèche de la tour St-Paul.

1813. Le 6 août, jour de l'arrivée en cette ville de l'impératrice de France, le beau carillon de notre ancienne cathédrale St-Lambert qui avait heureusement échappé à la hache révolutionnaire et qui fut remis à St Paul, notre métropole,       après que la tour fut achevée (car il n'y en avait pas ci-devant),      se fit entendre pour la première fois. Mais, soit le long espace de temps, soit l'emplacement dans le quartier de l'Isle ou   finalement que les plus grosses cloches eussent été brisées ou cassées , ce beau carillon , que j'avais entendu des milliers de fois, n'eut plus, à mon ouïe, le même son.

1815. Vers la mi-juin se fit la démolition de l'église paroissiale de St-Hubert.

Nous terminerons ce fragment de chronique par la pièce suivante; elle fut écrite en 1803 par Mouhin, qui, plus tard, ajouta ça et là quelques notes.

ORDRE DES PRIÈRES DE 40 HEURES AVANT LA RÉVOLUTION :

Saint-Lambert. Cathédrale, vandalisée en 1794. On y construit actuellement (1824) des maisons sur l'emplacement.

Saint-Pierre. La seule des huit collégiales et la première après la cathédrale qui restera fermée à moins qu'on ne la destine à des assemblées profanes ou à en faire le temple de la Victoire, comme on avait fait à St Martin-en-Mont. J'ai dit la seule des collégiales et ce n'est pas sans raison , car toutes les autres ont été réouvertes pour en faire des paroisses ou des collégiales. On en commença la démolition en 1814.

Saint-Paul. Reconnue pour l'église métropolitaine depuis la démolition de l'église St Lambert ; elle fut choisie en 1802 pour cathédrale.

Saint-Jacques. Ci-devant abbaye ; en1785 collégiale et en 1803 église primaire.

Saint-Laurent. Converti en hôpital.

Val-Saint-Lambert Cette magnifique église fut démolie en 1802.

Beau-Repart. Cette église, une des plus belles bâties de mon temps, n'a pas, à la vérité, été démolie, mais toute abîmée et rendue inhabitable. Séminaire en 1847.

Val-des-Ecoliers. Cette abbaye a servi comme caserne , tantôt à l'infanterie et tantôt à la cavalerie et même à un hôpital.

Croisiers. Cette église est demeurée intacte, mais fermée, n'ayant pas été désignée ni pour église primaire ni pour succursale. Démolie en 1817.

Guillemins. Cette église ayant été mise en adjudication, l'obtenteur en a tiré parti en faisant faire des bâtiments et des maisons.

Séminaire. Leur église est vis-à-vis de la place des Chevaux où les étudiants étaient logés fort à l'étroit ; mais les Jésuites ayant été supprimés en 1775 , il prit possession de leur église en 1786.

Chapelle des Clercs. Démolie en 1803.

Carmes-en-Isle. Cette superbe église fut mise en adjudication et démolie par les obtenteurs qui , après en avoir vendu tout ce qui était à vendre, laissèrent là les décombres.

Prêcheurs. Cette église , remarquable par son dôme, est fermée et sert comme d'entrepôt. Démolie en 1817.

Mineurs. Présentement succursale sous le titre de St  Antoine.

Récollets. Notre église paroissiale sous le titre de St Nicolas.

Augustins. Cette église, faite de mon temps , est fermée et restée intacte.

Capucins. Les religieux rachetèrent leur église avec leurs bons.

Minimes. Cette église bâtie parl a munificence des Surlet, fut mise

en adjudication et après démolie pour en faire des bâtiments

et des jardins.

Carmes déchaussés. Cette église a servi longtemps de magasin, mais elle est restée intacte.

Capucins à Sainte Marguerite. Cette église, bâtie de même que les Minimes par la munificence des Surlet, est démolie.

Notre-Dame-aux-Fonts, la plus ancienne des paroisses de Liége, a été démolie à cause de l'émigration du pasteur.

Saint Clément. Cette paroisse est fermée depuis que la collégiale Ste Croix est devenue paroisse succursale. On en fit une maison en 1817.

Saint Adalbert. Démolie.

Sainte Aldegonde. Cette paroisse fut fermée immédiatement après la prise de possession de la collégiale de St  Denis. Démolie.

Saint André. Bâtie en 1772 par la libéralité des paroissiens. Après avoir été fermée à cause de l'émigration du curé , elle fut réouverte par l'abominable culte théophilantrophique. Elle fut l'an 1803 convertie en boucherie , puis en école d'équitation.

Sainte Catherine , la première paroisse de Liège pour ses richesses, est devenue auxiliaire par la nouvelle organisation.

Saint Gangulphe. Cette petite paroisse fut démolie et convertie en maison à cause de l'émigration du curé:

Saint George. Cette paroisse fut fermée après la prise de possession de la ci-devant église collégiale de St. Barthélemi. C'est actuellement (1824) un magasin.

Sainte-Gertrude. Cette paroisse fut fermée depuis que la ci-devant abbaye de St-Gilles devint succursale. Démolie.

Saint-Hubert. Cette paroisse fut fermée après la prise en possession de la ci-devant église collégiale de Ste Croix. Démolie et convertie en maison.

Saint Jean-Baptiste , la plus belle des 32 paroisses , fut démolie en

1798 à cause de l'éboulement d'une partie de la voute.

Ste Marie-Madeleine. Cette église fut fermée immédiatement après

la prise de possession de la ci-devant église des Mineurs Conventuels. On en a fait une école.

Saint Martin-en-Isle. Cette paroisse a été démolie une des premières, à cause de l'émigration du curé. On en a fait une maison.

Saint Michel. Cette paroisse, fermée après la prise de possession de la ci-devant église collégiale de Ste-Croix, fut démolie en 1824.

Saint Nicolas, Outre-Meuse. Démolie. On en a fait une place publique nommée la place Grétry.

Saint Nicolas-à-Trez. Démolie. Elle fut fermée après la prise de possession de la ci-devant collégiale St Jacques.

Saint Nicolas-aux-Mouches. Cette petite paroisse fut fermée et n'a pas été démolie malgré l'émigration du curé. Elle fut convertie en maisons, en 1817.

Saint Remacle-au-Mont. Fermée après la prise de possession de la

ci-devant église collégiale de St Martin. Convertie en maisons.

Saint Remi. Convertie en maisons , après l'émigration du curé.

Saint Servais. De paroisse qu'elle était est devenue un église auxiliaire.

Saint Séverin. Cette église, toute neuve et bâtie de mon temps, fut fermée après la prise de possession de la ci-devant collégiale de St Martin. Démolie en 1817.

Saint Etienne. Cette petite paroisse, démolie à cause de l'émigration du curé, avait été changée en comédie.

Saint Thomas, paroisse fermée après la prise de possession de la     ci-devant église collégiale de St  Barthélemi. A présent l'entrepôt.

Sainte Ursule. Tantôt ouverte, tantôt fermée. Elle est encore église en 1824.

Chapelle des Flamands, à côté de St Lambert.Démolie avec la cathédrale.

Robermont. Cette église fut fermée, mais les religieuses de ce monastère la rachetèrent avec leurs bons. Démolie.

Monastère du Val-Benoit. De même que pour Robermont.

Carmélites. C'esttoujours un couvent.

Sainte Claire. Convertie en maisons.

Soeurs de Hasque. Cette belle petite église a été démolie et convertie en maison.

Saint Sépulchre, près St Hubert. Cette église est fermée et a servi long temps de caserne. C'est aujourd'hui (1824) la maison du gouverneur.

Soeurs Grises. Église démolie et convertie en maisons.

Sépulchrine de Saint Agathe. Fermée, transformée en caserne.

Eglise de la maison de Bavière. Cet hospice, fermé comme tous les autres couvents de filles, fut réouvert par les prières de 40 heures lors de la nouvelle réorganisation.

Pauvres Clarisses. Leur église reste à la vérité fermée , mais on les a laissé tranquilles avant et après l'arrivée des Français , pour leur extrême pauvreté.

Récollettines en Bêche. Leur église fut fermée et convertie en atelier.

Sainte Marie des Anges , près Ste Véronique. Le couvent est fermé.

Dominicains en Glain. Fermé.

Ursulines. Cette église a servi quelque temps à y faire l'office divin après l'éboulement de la voute de la paroisse St Jean Baptiste, mais elle est fermée comme toutes les autres. Convertie en temple des réformés.

Capucines, Hors-Château. Démolie de même que le couvent et convertie en maison.

Bénédictines, sur Avroy. Cette église est fermée, mais on ycélèbre la messe. Les religieuses en ont fait un pensionnat pour les filles.

Urbanistes réformées, sur la Fontaine. Ce couvent est fermé.

Carmélites dechaussées. Fermé.

Conceptionistes. Elles ont vécu un laps de temps en communauté, mais elles ont vendu leur couvent â des particuliers qui en ont tiré parti en faisant bâtir des maisons.

Anglaises dit saint Sépulchre. Fermé.

Terciaires, â Hoche-Porte. Ce couvent est fermé.

Augustines, au faubourg St Gilles. Couvent fermé.

Célestines, sur Avroy. Couvent fermé.

Récollettines, sur le quai St Léonard. Ce couvent a été démoli et l'obtenteur en a fait faire des maisons.

Frères-Célites. Cet hôpital fut fermé, mais ouvert après la nouvelle réorganisation.

Hospice des orphelins. Chapelle réouverte depuis la nouvelle organisation.

Hôpital saint Julien. Cette chapelle n'a pas été fermée.

Hôpital saint Jacques, sur Avroy. Cette chapelle a été fermée, onl'a démolie et on en a fait une belle maison.

Chapelle des incurables. Ouverte après la nouvelle organisation.

Chapelle de la sainte Vierge, sur le quai d'Avroy. Devenue église auxiliaire.

Saint Léonard. Avant sa suppression, abbaye; en après une espèce d'hospice; en dernier ressort démolie et convertie en fonderie de canon.

Chapelle des enfants de bonne volonté , rue de la maison pastorale de Ste Adelgonde. Fermée.

Chapelle des enfants de saint Michel , rue de l'Étuve. Fermée.

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